Suarès : l'inspiré, le baroque, l'érudit, le lyrique et surtout le grand voyageur.
«Qui touche au mystère de Goya touche au grand mystère de L'Espagne.
Goya est sur la route et je le suis. Tout mène dans ce grand pays. Il y a là une grandeur unique, toute due au génie de l’homme.
Vous le verrez sur toutes les routes où il n’est pas. Il y a là une grandeur unique, toute due au génie de l’homme. Il ne le dit pas il le dissimule. Toute vertu de négation est familière à Goya : à mesure il crée et à mesure il détruit : à mesure il crée et à mesure il détruit l’objet créé .
Il ne peut se satisfaire à moins. La qualité est unique ; comparés à Goya, Titien est grossier ; Rubens lourd, charnel, étalé indûment ; Watteau léger ; le chant de Rembrand est sublime, mais il pas dans la vie commune il est dans le peintre et non dans le Modèle.
Ici on est chez Goya et lui seul, non ailleurs.
Qu’on approche de ces portraits, les portraits d'hommes surtout : la leçon de leur luxe et de leur aisance ne ménage rien. Goya est un seigneur, insolent, libre de toute attache et de tout préjugé. Il hait ce qu’il admire et il aime ce qu’il méprise.»